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"Apprendre l’espace aux enfants…"


« Apprendre l’espace aux enfants, ce n’est pas les transformer en petits architectes mais plutôt leur faire comprendre que l’architecture et l’urbanisme sont avant tout le miroir d’une société à un temps donné »

In "Les ateliers d’architecture de fond en combles" - Direction de l’Architecture et du Patrimoine - Ministère de la Culture et de la Communication - Sous la direction de MARIE-CLAUDE DEROUET-BESSON, sociologue, INRP - Mars 1999

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MAQUETTE D’ARCHITECTURE
Des architectures imaginaires… Formes, volumes et matières expriment la créativité des élèves


Voilà, c’est fini....


Le 18 mai 2016, dans le Grand Hall de l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Normandie se pressait une foule d’enfants, de collégiens et de lycéens autour de leurs enseignants, d’étudiants en architecture intervenants dans leurs classes, et des représentants du ministère de l’Education Nationale (DSDEN 76 et DAAC), de l’ENSA Normandie et du CAUE 76, avec l’implication de la JAFAAR et du BDE dans l’animation de cette journée. C’était la journée de restitution des dispositifs "Architecture en classe", "Architecture au collège", "Architecture au lycée", et d’une expérience menée dans une unité de soins du CHU de Rouen. C’était la dernière journée de restitution de ce dispositif.

Architecture au collège est un dispositif qui existe depuis les années 1995 sur le territoire français, avec des expérimentations en Ile-de-France initialement. Il a été déployé sur 4 académies en 1996/1997, et 8 académies l’année suivante, dont l’Académie de Rouen donc sur les départements de l’Eure et de la Seine-Maritime. Cette proposition de création de ce dispositif sur notre territoire haut-normand tenait à l’implication de l’Architecte-Paysagiste du CAUE 76 et de la chargée de mission éducation/culture de la DRAC de Haute-Normandie, Françoise Decressin, en particulier leurs participations respectives soit aux travaux, soit aux colloques de la commission « pédagogie auprès des jeunes » de la Fédération Nationale des CAUE.

La Délégation Académique d’Actions Culturelles, pour le Rectorat de Rouen fut impliquée dès le début, ainsi que l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Normandie. La Direction des Services de l’Education Nationale de la Seine-Maritime fut impliquée au moment de la création d’Architecture en Classe.

L’ENSA Normandie a assuré le suivi administratif des candidatures des étudiants qui s’impliquent directement dans l’animation des ateliers auprès des groupes classe, dans les différentes réunions, dans la coordination pédagogique du dispositif, dans l’organisation des journées de restitution en fin d’année scolaire.

La Junior entreprise de l’Ecole d’Architecture fut créée lorsque le CAUE 76, pour des questions statutaires et légales a été contraint de ne plus assurer la coordination financière et administrative du dispositif (gestion des conventions et des subventions). C’est le contexte de la naissance de la JAFAAR.

Le CAUE 76 après avoir assuré la gestion financière, administrative, assurait donc les missions de formation et l’accompagnement pédagogique des étudiants. Il a assuré l’animation du dispositif depuis sa création et en était donc un réel pilier.

Un cahier des charges élaboré initialement a été adapté selon les évolutions du dispositif. Il donne le cadre et les missions de chaque partenaire (voir les autres pages du site).

Des cycles de formation des enseignants autour de l’architecture, de la ville et du territoire, de l’espace, du paysage, accompagnaient initialement le dispositif, en lien avec la DAAC, et impliquait parfois les étudiants de l’école d’architecture. La seule formation restant en œuvre à ce jour était liée à la formation au site internet « architecture au collège », qui permet de recueillir les carnets de bords, mémoire de chaque atelier ouvert. Assurée par le CAUE 76, elle associait l’infographiste du CAUE et l’Architecte Paysagiste.

Le dispositif s’est ouvert aux écoles primaires du Département de la Seine-Maritime, puis aux lycées d’enseignement technique et professionnel. Dernièrement, la volonté d’ouvrir ces dispositifs auprès des lycées agricoles avait été exprimée. Enfin, il s’est ouvert cette année à une unité de soins dans l’un des services du CHU de Rouen.

A ce jour, au regard des éléments dont nous avons garder la mémoire, ont été créés :
  81 ateliers architecture au collège,
  34 ateliers architecture en classe,
  15 ateliers architecture au lycée,
  1 atelier architecture à l’Hôpital.

Ce dispositif prend fin, hélas, en cette fin d’année scolaire, après 19 ans de vie et d’expériences diverses déployées sur notre territoire normand. Nous aurions aimé marquer les 20 ans de celui-ci par une manifestation particulière, mais il n’en sera pas ainsi. La DRAC Normandie privilégie aujourd’hui les dispositifs des "résidences d’architectes" sur le nouveau périmètre administratif du territoire normand.

Que soient remerciés ici tous ceux qui agirent en commun pour que vivent et prennent corps ces dispositifs au fil des années :(pardonnez moi si j’oublie quelqu’un dans cette liste)

Pour l’ENSA Normandie : Parmi les personnels administratifs : Claude Bouin, Nathalie Burette-Quesada, Armelle Villette, Marylène Dubois, Paul Soriano, Delphine Meffre, Parmi les enseignants : Annicka Julien, Thomas Noviszky, et au long de ces dernières années, très fidèlement Bruno Carré, et bien sur Fabienne Fendrich, directrice de l’ENSA Normandie.

Pour la JAFAAR : Emilien Andro qui a porté en tant que président de cette structure le suivi administratif du dispositif (en lien avec la DRAC) et a assuré un lien de qualité avec les étudiants impliqués, mission appuyée des membres de cette association, et aussi les BDE successifs qui ont pu s’impliquer dans les journées de restitutions.

Pour la DRAC : un remerciement très particulier à Françoise Decressin avec laquelle nous avons construit cette action avec beaucoup de confiance, de plaisirs et de convictions, mais aussi Denis Lucas, Marie-Laure Delpuech, Lysianne Caron, Elisabeth Ladrat, Paul Gernigon,

Pour la DAAC : Philippe Thenot, Alain Charpentier, Michèle Béguin, Claire Quénéhen, Florence Garcia, Sylvie Cao-Van,

Pour l’Inspection d’Académie de Seine Maritime (actuelle DSDEN 76) : Chantal Saulnier, Philippe Virmoux, Isabelle Ganon et Maryline Vincent,

Pour le corps des inspecteurs académiques : Monsieur Baizeau et Madame Mazalto - IPR Arts Plastiques - IA, qui favorisèrent, dans les années 2000 l’émergence de différents dispositifs auprès du corps enseignants lors de la mise en oeuvre du Plan Tasca-Lang.

Pour le CAUE 76 : Valérie Lopes, Martial Yapo, Anne Archambault de Beaune-Zachariasen, Jean-Christophe Abé-Goulier, Stéphane Feray, puis Michael Paton, infographistes au CAUE, pour la création puis la gestion et la formation à l’utilisation du site internet dédié à ces dispositifs,

Sans oublier Marie-Claude Derouet-Besson, sociologue, chercheuse à l’Institut National de Recherches Pédagogiques (Paris puis Lyon) qui suivit avec intérêt le lancement de nos travaux sur notre académie et en assura alors une première évaluation.

On peut être triste de cette décision "tombée d’en haut". Mais déjà se profilent de nouveaux dispositifs qui se construisent sous l’égide de la DAAC, avec l’équipe de direction du CAUE 76 et en lien avec la DSDEN et l’ENSA Normandie.

La sensibilisation à l’architecture, à l’espace de la ville, aux paysages et à l’environnement continueront de vivre au travers des missions du CAUE 76.

Et l’apprentissage de la médiation de la culture architecturale par des étudiants en architecture reste une priorité pour la directrice de l’ENSA Normandie, qu’elle continue de défendre ardemment auprès des institutions.

19 ans d’actions auprès de publics jeunes, en faveur de l’éducation à l’architecture en milieu scolaire, constituent une expérience humaine unique, faite de belles rencontres, de collaborations et de partenariats riches et constructifs, de débats, de dialogues et d’échanges fructueux. Je parle, pour ce qui me concerne, de belles rencontres avec les étudiants, "de génération en génération", avec lesquels l’idée de la transmission de leur "culture architecturale" pu se mettre en oeuvre, avec souvent un goût prononcé pour l’expérimentation et l’innovation, ce qui n’était parfois pas sans risque. Je parle de la qualité des échanges avec les enseignants des établissements scolaires avec lesquels nous avons parfois établis de vraies relations de fidélité. Et puis, tout le travail "de l’ombre", avec l’ensemble des partenaires avec lesquels nous avons su construire, évaluer, faire évoluer l’ensemble de ces dispositifs. C’est une expérience locale qui fut observée et reconnue nationalement, tant au niveau du réseau des CAUE, qu’au niveau du Ministère de la Culture (de la DAPA en particulier).

Ce fut un engagement de personnes au départ, de structures et d’institutions ensuite, entre militance, convictions fortes, valeurs fédératrices, goût de l’aventure et un vrai plaisir partagé.

Ce fut simplement une expérience relevant des missions essentielles portée par tout CAUE, telles que définies par la loi de 1977 sur l’architecture qui eu pour vocation de créer nos structures, qui perdurera sous d’autres formats.

Aujourd’hui, avoir suivi pendant 19 ans ce chemin d’aventures, avoir été le pilier de ce dispositif depuis sa création, et l’avoir accompagner jusqu’à ce jour constitue une fierté, sans doute, je l’espère aussi pour le CAUE 76, mais de façon certaine pour moi très particulièrement qui en était l’un des animateurs et un acteur principal.

Jean-Christophe Abé-Goulier Architecte-Paysagiste CAUE 76