Qu’est-ce qu’un mur "perspirant" ?

David Renaud nous éclaire : On ne parle pas de "respiration" des murs mais de "perspiration" car, comme pour la peau, il ne s’agit pas de flux d’air mais de flux hydriques continus qui contribuent à l’équilibre hygrothermique de l’habitation (l’équilibre thermique est lié à l’effet de chaleur latente lors des échanges hygro. C’est ce qui fait dire qu’une maison en torchis est fraîche l’été et chaude l’hiver). On ne peut donc pas parler de renouvellement d’air, d’autant plus que les maisons économes en énergie (bioclimatiques ou conforme à la RT 2005) se doivent d’être le plus étanche possible aux flux d’air : Le renouvellement de l’air ne peut et ne doit se faire par les murs.

La ventilation naturelle : c’est le renouvellement de l’air basé sur le principe du thermo siphon (admission en bas et cheminée d’évacuation). Ce mode de ventilation sans système de régulation est à proscrire du fait des pertes thermiques incontrôlées. Des systèmes performants de ventilation naturelle assistée ou hybride existent, mais il s’agit encore de produits très spécifiques. La VMC double flux ou hygro B sont les meilleures solutions du moment pour le grand public.

Le choix et l’ordre des matériaux des parois "perspirantes" est très important et peut conduire à de gros désordres en cas de non respect de règle de base (la perméance augmente en allant vers l’extérieur). Des enduits extérieurs "perspirants" garantissent seulement des murs sains.

Pour un air intérieur sain, il faut choisir des revêtements intérieurs qui permettent ces échanges hydriques (une peinture murale étanche va supprimer tout les efforts faits aux niveaux des matériaux pour réguler l’humidité de l’air intérieur). Il faut aussi que les matériaux de construction, le mobilier et le mode de vie rejettent le minimum de COV. Il faut enfin assurer le renouvellement de l’air vicié.

Vidéothèque

Une maison bioclimatique en paille et bois à Muchedent (7) : Valérie Parrington, architecte agence Véraligne, présente le concept de sa construction écologique sur une une vidéo de l’AREHN à voir sur Youtube


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Construire "bioclimatique"

Concevoir bioclimatique… c’est retrouver l’art de bâtir en associant l’homme et son environnement. L’objectif est un meilleur confort l’hiver et l’été pour toutes les nouvelles constructions tout en diminuant la consommation d’énergie.

L’aspect climatique de la démarche :

L’architecture bioclimatique redécouvre le bon sens constructif des maisons anciennes sans faire l’impasse sur la modernité. C’est un habitat souple et intelligent qui puise dans les ressources de son environnement : chaleur du soleil, climatisation naturelle ou encore récupération d’eau de pluie.

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Yvon Serres archi.

Le point de départ est la prise en compte du site, de ses atouts et de ses contraintes. Lors de la conception, on prendra soin de ne pas démultiplier les façades qui sont autant de surfaces exposées aux déperditions et on recherchera un bonne « compacité » du volume.

L’orientation

La façade sud captera un maximum d’énergie solaire l’hiver, celle du nord sera la plus exposée aux déperditions. Une bonne orientation des ouvertures est primordiale. Au nord, elles seront limitées. A l’est et à l’ouest, on les équipera de volets et de brise-soleil, car elles sont exposées aux surchauffes d’été. Au sud, de larges baies vitrées sont souhaitables à condition d’avoir des débords de toiture ou tout autre système de protection solaire ; un arbre à feuilles caducques peut être intéressant.

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Emmanuel Côme archi.

La disposition des pièces doit être en adéquation avec les usages mais aussi avec le cycle du soleil et celui du rythme des saisons. On pourra protéger la façade nord par de la végétation persistante et par des espaces tampons. Ainsi les pièces peu ou non chauffées se retrouvent plutôt au nord, alors que les pièces de vie principales s’exposent au sud.

Le CAUE de l’Isère résume en vidéo les intérêts de choisir l’orientation du bâtiment soigneusement :

Les matériaux

Le « bio » de la démarche :

Les éco-matériaux ont un rôle essentiel en matière de confort, de santé et d’économie d’énergie. On parle d’inertie thermique des matériaux, c’est-à-dire la capacité des murs à restituer la nuit la chaleur accumulée dans la journée, c’est le « déphasage thermique ». Ceci est possible avec des matériaux lourds et massifs (terre, béton, bois massif…) et avec une isolation par l’extérieur ou une isolation répartie : matériaux épais isolés dans la masse qui offrent un bon compromis entre isolation et inertie thermique comme les monomurs (brique alvéolaire de 37 cm, béton cellulaire …), le bois massif, le béton de chanvre...

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brique alvéolée

Les parois fonctionnent comme des radiateurs : elles diffusent une chaleur homogène et verticale. Sur le plan du confort, les avantages sont évidents : pas de phénomène de parois froides, diminution des besoins de chaleur et protection contre les déperditions hivernale mais aussi contre les surchauffes d’été.

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isolant bio

Si en plus ces matériaux sont «  perméants », c’est le cas des éco matériaux, les parois vont se comporter comme notre épiderme. Elles vont évacuer naturellement par sudation le surplus de vapeur d’eau et permettre un échange hygrométrique entre l’intérieur et l’extérieur. De plus, elles permettront un renouvellement d’air, une ventilation naturelle. (Voir précisions ci-contre)

Le CAUE du Pas-de-Calais met en ligne une fiche sur les isolants écologiques (éco-matériaux)

Il est essentiel, lors de travaux d’isolation ou de ravalement, de conserver la perméance du mur pour évacuer l’humidité ; on privilégiera les isolants, les joints et les enduits "perspirants" (voir précisions ci-contre).

La ventilation

Les VMC classiques (autoréglables) sont une source de déperdition importante car elles ne prennent pas en compte les besoins réels ; certaines rejettent jusqu’à 12 fois le volume d’air vicié de la maison par jour ! D’autres systèmes (l’hygroB par exemple) renouvellent l’air selon le taux d’hygrométrie relevé et évitent ainsi le gaspillage (5 fois le volume d’air en occupation standard).

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La végétation protège contre les fortes chaleurs d’été

Enfin, le recours aux énergies renouvelables est très recommandé. Des aides financières sont possibles : En savoir plus

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