Conseil d’architecture, d’urbanisme et d’environnement de la Seine-Maritime
Les 130 kilomètres de falaise de la côte d’Albâtre n’ont laissé que peu d’espace pour la création de véritables ports. Seuls Eu / Le Tréport, Dieppe, Saint-Valéry-en-Caux et Fécamp se sont développés grâce à leur activité de pêche créant des ports creusés à l’abri de la mer. Plus récemment, alors que Le Havre profite de l’estuaire de la Seine, le port pétrolier d’Antifer s’est imposé sur le littoral transformant le paysage. A l’ère du nucléaire, et à l’instar de ce port, les centrales de Paluel et de Penly ont défié la falaise sans ménager l’environnement.
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Du port de pêche à la station balnéaire
Au Moyen-Age, seuls les hameaux de pêcheurs sont implantés en bordure du littoral. Les bourgs, sous la protection des seigneurs féodaux, sont positionnés plus en amont dans la vallée.
Les maisons des pêcheurs sont disposées au pied du coteau au-dessus des zones inondées et à l’abri des vents dominants. La vallée est un vaste marécage entièrement recouvert lors des grandes marées où se pratique la récolte du sel. L’agriculture se développe sur le plateau.
La pêche contribue au développement des communes littorales. Dès le XVIème siècle, certains villages deviennent de véritables ports. Des industries dérivées s’y rattachent : salaisons, saurisseries... Le village s’organise, l’habitat des pêcheurs se développe pour devenir dense sous forme de maisons accolées les unes aux autres. L’implantation du bâti se fait de façon linéaire au pied du coteau.
Un système de voiries se constitue et favorise les échanges vers l’intérieur des terres. La création du chassemarée permet l’acheminement du poisson vers les centres urbains. Souvent une jetée ou un épi en bois est construit pour défendre le village contre la mer. Dans la vallée, le maraîchage développe.
Au XIXème, les villages côtiers ne sont plus uniquement tournés vers les activités de pêche. La mode des bains de mer est lancée et les bourgs du littoral deviennent aussi des stations balnéaires. De belles villas destinées à la villégiature, les « chalets », sont construites sur les coteaux.
Des cabines de plage et un casino accompagnent souvent cette nouvelle orientation. Les activités de pêche sont toujours présentes et une nouvelle digue en pierre a remplacé la jetée de bois. L’assainissement de la basse vallée s’organise avec le busage du fleuve, permettant le franchissement du cordon de galets.
Les stations littorales ont été fortement touchées lors de la seconde guerre mondiale. Le bâti du front de mer a été en grande partie détruit, il est parfois reconstruit dans les années 1950 avec un nouveau style architectural.
Aujourd’hui, les activités de pêche ont presque totalement disparu et avec elles les bateaux sur les plages. Le tourisme est devenu la principale ressource des communes littorales. On y observe fréquement le développement des aires d’accueil et la mise en valeur du front de mer.
Avec des conditions climatiques plus clémentes que sur les plateaux, les vallées et les valleuses accueillent un habitat plus concentré. A l’origine villages de pêcheurs, certaines communes bénéficiant de sites privilégiés sont devenues de véritables stations balnéaires.
Recherchant la proximité de l’accès à l’estran et un climat favorable, les pêcheurs construisent leur maison au pied du coteau ouest des vallées. Contraint par le relief, cet habitat vernaculaire se densifie et reste concentré autour des quelques voies de communication qui remontent de la plage vers le fond de vallée.
Ces rues bordées de maisons hautes et étroites caractérisent l’urbanisme du littoral. D’abord simple groupement de bateaux sur la plage, le port, quand il n’est pas creusé dans la vallée, reste sommaire, parfois uniquement protégé par le trait de côte voire une jetée en bois. Ce n’est qu’avec l’arrivée de la mode des bains que des aménagements importants sont réalisés sur la grève : épis, perré… Avec les nouvelles activités estivales, les villas balnéaires colonisent les abords des bourgs, recherchant la vue sur la mer depuis le haut des coteaux.
Les maisons « du pays » Construites en maçonnerie, les maisons des marins et des capitaines des terreneuvas arborent des façades de caractère, plus ou moins travaillées selon la richesse du propriétaire.
Le jeu des matériaux montre les éléments structurants réalisés en brique (bandeaux, murs de refend et encadrements des ouvertures) et les parties en silex taillés au carré qui forment le remplissage. Ces constructions se distinguent des maisons de pêcheurs locaux et des patrons de barques. Ces dernières, réalisées en pans de bois et torchis, abritaient parfois plusieurs logements juxtaposés.
La villa balnéaire Construites à partir du milieu du XIXème siècle, ces habitations massives et aux volumes complexes accueillent les familles d’estivants à la belle saison.
Inspirées de différents courants architecturaux présentés lors des expositions universelles, ces villas cossues, participent par leur architecture éclectique à l’identité du littoral de la Seine-Maritime.
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