Conseil d’architecture, d’urbanisme et d’environnement de la Seine-Maritime
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Un talus est un milieu très sec constitué d’un substrat pauvre en matière organique. L’ombrage des arbres existants est un inconvénient supplémentaire. Ces conditions sont défavorables à l’installation de jeunes plants. Il est donc délicat de restaurer un alignement déstructuré en conservant les derniers arbres présents. L’opportunité de cette solution dépend de l’état du talus ancien et, notamment, de la densité des arbres restants.
Lorsqu’un alignement a été entièrement abattu et que le talus a été conservé, une préparation est nécessaire pour améliorer les caractéristiques du sol : décompactage de la terre entre les souches, apport de terre végétale sur au moins 50 cm d’épaisseur et mise en forme. Cette solution est satisfaisante si les souches sont vieilles et déjà très dégradées. Mais la décomposition des souches peut entraîner l’apparition de pourritures sur les racines des jeunes arbres.
La restauration complète du talus existant avant la plantation de jeunes arbres crée des conditions idéales pour leur développement. Elle nécessite un dessouchage, un apport de terre végétale et une mise en forme du talus. Le remaniement du talus existant est plus important que dans la solution précédente. Tous ces travaux sont réalisés mécaniquement.
Le dessouchage
Le dessouchage est fortement conseillé si les souches sont nombreuses et encore saines. Pour éviter un surcoût lié à l’évacuation et à la mise en décharge des souches, celles-ci peuvent être enfouies dans une tranchée creusée à l’avant du talus (au moins en recul de 2 m) ou dans un autre endroit (là où le tassement du sol, lié à leur décomposition, ne sera pas gênant). L’ouverture de la tranchée fournit un volume de terre réutilisable pour le talus.
Si aucune urgence (menace de chute ou de rupture mécanique, problème phytosanitaire…) ne justifie un abattage immédiat des arbres, il est préférable d’anticiper la reconstitution du talus planté, dès à présent. L’abattage d’un alignement engendre un bouleversement de l’environnement immédiat tant au niveau visuel, paysager que climatique. Des solutions existent pour préserver plus longtemps les vieux arbres et limiter les conséquences de leur abattage futur.
Cas n°1 : Pas de contrainte parcellaire : restructuration foncière possible
Un nouveau talus planté est créé sur une parcelle attenante, en retrait du talus existant. Il doit être positionné en recul d’au moins 10 m ou, au minimum, à l’aplomb du houppier des arbres de l’ancien talus. Lorsque les jeunes plantations ont atteint un développement suffisant (4-5 m de hauteur donc environ 5 ans après la plantation), l’ancien talus est supprimé.
Cas n°2 : Contrainte parcellaire : reconstitution en lieu et place de l’ancien talus
Si le talus existant doit être reconstruit à l’identique, il est possible d’anticiper l’abattage des vieux arbres, en plantant un alignement d’arbres à plat, à l’avant du talus (en recul d’au moins 10 m ou, au minimum, à l’aplomb du houppier des arbres de l’ancien talus). Les essences sont choisies en fonction de l’exposition du talus (essence d’ombre ou de lumière) et de leur vitesse de croissance. Cette structure arborée, une fois bien développée, limitera les conséquences de l’abattage du vieil alignement. Un nouveau talus est, ensuite, reconstruit en lieu et place de l’ancien talus.
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