le 24-11-2017
http://www.caue76.org/spip.php?article216
Espaces publics et hydraulique douce : 3 exemples paysagers
La gestion intégrée des eaux pluviales : une démarche d’hydraulique douce intelligente alliant qualité, créativité et économie.

La plus value de la gestion intégrée, outre la qualité qu’elle génère, est l’économie qu’elle produit. En effet, les équipements techniques étant à minima, les coûts de réalisation sont réduits. La gestion intégrée étant à ciel ouvert, les problèmes de fonctionnement sont visibles, les interventions plus aisées et l’entretien moins coûteux.

Ce principe efficace d’un point de vue hydraulique gomme l’aspect technique et ajoute une fonction de régulation des eaux aux espaces publics. Cette polyvalence d’usages réduit ainsi la consommation de terrain et constitue un environnement urbain de qualité.

Les aménagements ont également un rôle « éducatif ». Le parcours visible de l’eau sur un territoire met en évidence sa topographie et sa capacité d’infiltration et permet d’expliquer le fonctionnement du cycle de l’eau. Formant de nouveaux milieux diversifiés, ces aménagements sont favorables à la biodiversité. Ils ont aussi un impact sur la qualité de l’eau : ruisselant peu et s’infiltrant rapidement, l’eau ne se charge pas en pollution. Des plantes épuratrices peuvent également améliorer la qualité de l’eau.

Enfin, elle constitue une « trame bleue » dans le territoire. Ce fil conducteur apporte une continuité tout en créant des ambiances et des séquences paysagères diversifiées. L’hydraulique douce qui se décline en de nombreux outils permettant d’allier technique et esthétique doit être étudiée dans le cadre du projet global en cohérence avec le site afin que l’aménagement sublime « l’esprit du lieu ».

Avec la gestion intégrée, la nécessité de gérer les eaux pluviales peut être le point de départ d’un projet d’espace public.

Nous analysons trois sites autour de Rouen :

Saint-Etienne-du-Rouvray : Parc de l’Orée du Rouvray : la gestion des eaux pluviales, articulation entre les quartiers existants et futurs...

architecte paysagiste : Denis Comont, ARC-EN-TERRE ; maître d’ouvrage : ville de Saint-Etienne-du-Rouvray

Le parc s’inscrit dans la « Boucle verte » qui offre aux piétons et cyclistes un itinéraire de six kilomètres à l’abri de la circulation automobile. Il constitue également le trait d’union entre les quartiers nouveaux et anciens.

Oissel : Quais de Seine : la création de zone humide, articulation entre la ville et son mileu naturel

Maître d’oeuvre : Laurent Protois ALIQUANTE, Bruno SAAS, FOLIUS, INGETEC BET Maître d’ouvrage : OISSEL

L’aménagement constitue l’accroche du centre ville avec son environnement naturel de vallée de Seine. Déclinant le vocabulaire de l’eau, il réintroduit les usages passés liées au fleuve.

L’intervention respecte et renforce l’identité du milieu fragile du bord de fleuve, notamment par l’aménagement d’un jardin humide. Formant une dépression, il joue le rôle de bassin de récupération des eaux pluviales. Une grande terrasse en bois sur pilotis traverse le jardin humide en son centre, marquant l’axe entre la place de l’église et la Seine. A son extrémité, un ponton forme un belvédère sur le fleuve. Le centre de l’opération est marqué par une placette à partir de laquelle se fait l’accès à la cale de mise à l’eau des bateaux.

Caudebec-lès-Elbeuf : Parc du Clos-Allard : la phytoremédiation, articulation entre la Seine et la nouvelle zone d’activités

Maître d’oeuvre : TN-PLUS, Guillaume Derrien, Maître d’ouvrage : Communauté d’agglo Elbeuf Boucle de Seine

Le parc s’insère entre la zone d’activités nouvellement créée et la Seine. En accord avec ce paysage fluvial, sa composition redonne à l’eau une place centrale et la valorise, notamment par la mise en scène de l’évacuation des eaux pluviales des entreprises.

S’inscrivant dans le cadre naturel de la vallée de la Seine, ce projet développe une véritable réflexion sur l’eau en relation avec une démarche HQE. Ce paysage maîtrisé met en valeur le circuit de l’eau, la retient en bassins de très faible profondeur, de manière à rendre visible son évaporation, tout en la nettoyant. En effet, avant d’être infiltrées sur place, les eaux pluviales et de ruissellement du site sont traitées par un procédé utilisant des plantes spécifiques appelé « phytoremédiation ».

Les trois sites ont fait l’objet d’une fiche "Référentiel" disponible sur ce site. Voir ici